Le DIRO, une belle famille
La session d’hiver est, pour nous, la saison des entrevues professorales. Chaque année, lorsque nous recevons nos candidates et candidats en visite, une question revient invariablement : qu’est-ce qui distingue le DIRO des autres départements universitaires ?
Au-delà de l’excellence académique et de la qualité de la recherche, la véritable différence tient à notre esprit de communauté. Le département fonctionne comme une grande famille : on y partage les réussites, on s’entraide dans les défis, et les portes restent ouvertes, au sens propre comme au figuré. Les nouvelles et nouveaux collègues ne sont pas simplement recrutés pour leurs compétences, mais accueillis pour ce qu’ils apportent humainement à notre milieu.
C’est cette culture de collaboration, de respect et de soutien mutuel qui crée un environnement où il fait bon enseigner et innover. En somme, ce qui distingue le DIRO, c’est moins une structure qu’un esprit : celui d’une belle famille universitaire, soudée par des valeurs communes et le plaisir de travailler ensemble. Quoi demander de plus lorsqu’on a le privilège d’en être la directrice?
Encore cette année, nos collègues ont fait rayonner notre communauté sur les scènes locale et internationale. En octobre dernier, Yoshua Bengio a franchi le cap remarquable du million de citations sur Google Scholar, devenant ainsi le chercheur vivant le plus cité au monde, tous domaines confondus - un accomplissement qui témoigne de l'influence exceptionnelle de ses travaux.
Au cours de l'année, ses contributions ont d’ailleurs été reconnues par plusieurs distinctions prestigieuses, dont l’Ordre national du Québec, son élection comme membre international de la National Academy of Sciences, le prix Reine Elizabeth d’ingénierie et le titre d’officier de l’Ordre de l’Empire britannique. Fidèle à son engagement envers un développement responsable de l’intelligence artificielle, Yoshua a également fondé LoiZéro, un organisme à but non lucratif dédié à la conception de systèmes d’IA sécuritaires et a été élu coprésident du panel scientifique international indépendant sur l’IA des Nations Unies. Afin de se consacrer pleinement à ces projets d’envergure, il a choisi de se retirer de ses fonctions de directeur scientifique à Mila et à IVADO.
La relève est assurée par deux collègues remarquables. Hugo Larochelle, professeur associé au DIRO, a pris la barre de Mila, tandis qu’Aaron Courville, professeur titulaire au DIRO, assure désormais la direction scientifique d’IVADO. Leur leadership, leur vision et leur engagement envers la recherche et la formation seront sans aucun doute des atouts précieux pour la suite.
Grand artisan de la révolution quantique, Gilles Brassard poursuit avec enthousiasme ses efforts de sensibilisation auprès de publics variés, au Québec comme à l’international, particulièrement en cette année 2025 proclamée Année internationale des sciences et technologies quantiques par l’UNESCO.
Son engagement a d’ailleurs été souligné de façon toute particulière en février, avec l’inauguration d’un laboratoire portant son nom au nouveau Centre de cybersécurité Idelux, à Transinne, en Belgique. Ce lieu dédié à la recherche et à la formation en cybersécurité rend hommage à l’influence durable de ses travaux et à son rôle de pionnier de la cryptographie quantique. (Voir l'article ici pour des photos du laboratoire, avec une magnifique murale en son honneur.)
Au cours de la dernière année, Gilles Brassard a également poursuivi ses activités de vulgarisation scientifique. Il a notamment échangé avec le physicien et lauréat du prix Nobel Alain Aspect sur les fondements fascinants de la physique quantique lors du sommet Paris-Saclay « Choose Science » en février 2025. Il a également prononcé la conférence « Quebec Annual Lecture: A Celebration of Quantum Theory » à la Société royale en octobre 2025.
Plusieurs de nos jeunes collègues se démarquent aussi cette année. Aishwarya Agrawal et ses collaborateurs ont reçu le prix Everingham Prize 2025, l’une des distinctions les plus prestigieuses dans le domaine de la vision par ordinateur. Ce prix est décerné chaque année à un chercheur ou à une équipe ayant apporté une contribution marquante à la communauté. Le comité de sélection souligne qu’Aishwarya et ses collaborateurs ont « stimulé l’émergence d’un nouveau champ de recherche à l’intersection de la vision et du langage » (traduction libre).
Bang Liu s’est lui aussi illustré en recevant le prix Étoile brillante Yunfan, une distinction prestigieuse remise lors de la Conférence mondiale sur l’intelligence artificielle (WAIC). Ce prix récompense, avant l’âge de 35 ans, des chercheurs qui se démarquent par l’excellence de leurs travaux en traitement du langage naturel et par leur contribution au développement d’un écosystème à code source ouvert. Bang a également obtenu un Amazon Research Award pour son projet portant sur la conception d’agents fondamentaux et d’un protocole de base pour l’intelligence agentique. Fait à noter, seulement deux des 63 prix décernés cette année ont été attribués à des chercheurs d’universités canadiennes.
Félicitations à Aishwarya et Bang pour ces réalisations remarquables, qui contribuent au rayonnement de notre communauté.
Je vous quitte en mentionnant la soirée des entrepreneurs, qui aura lieu cette année le 11 mars prochain. Le panel composé d'entrepreneurs et de professionnels de haut niveau en bio-informatique discutera cette année d'applications avancées en santé.
Au plaisir de vous y croiser!
À bientôt!
Sylvie Hamel
Directrice